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Coach – coaché : subjectivité et objectivité de la relation


Le coaching est une activité majoritairement décrite par les coachs pour les coachs. Les coachés sont au mieux spectateurs au pire exclus des exposés qui en sont faits. Si la pratique elle-même est détaillée par les différentes associations, fédérations et écoles, rien n'est dit sur un moment fondamental de l'accompagnement : celui qui préside à l'engagement mutuel du coach et du coaché. Comme pour toute relation naissante, la subjectivité des premiers contacts est fondatrice de la décision d'engagement réciproque. La bonne prise en compte de ces éléments constitue une véritable clé de réussite de l'accompagnement.

Une profession en quête de rationalité


Aujourd'hui en France, la pratique du coaching s’enseigne dans différentes écoles selon des méthodes assez voisines mais sans qu’un corps de principes et de comportements ne vaille pour l’ensemble des professionnels engagés dans ce métier. Il ne s’adosse à aucune institution reconnue par l’Etat, contrairement à certains métiers qui s’exercent de façon libérale, comme la profession d’avocat ou de médecin, par exemple. Néanmoins plus d'une vingtaine d'associations et fédérations émettent et développent des éléments de déontologie et des règles de pratiques visant à structurer l'exercice de la profession. Les mêmes, accompagnées de quelques écoles, complètent ces éléments en délivrant des certifications répondant de leur point de vue aux exigences et caractéristiques qu'elles promeuvent. L'ensemble de ces groupements de coachs, vise à structurer et labelliser les professionnels du coaching. Enfin, une littérature abondante existe sur cette pratique, le plus souvent à destination des coachs. C’est dans un tel contexte qu’il apparait utile d'envisager quelques considérations liées à l’expérience et à la pratique, en particulier concernant une des phases essentielles du coaching : son initiation.

Une pratique qui débute dans la subjectivité


Si l’on doit, dans la grande majorité des cas, disposer d’un cadre contractuel pour engager et réaliser une démarche de coaching, notamment avec les entreprises, ce cadre ne suffit pas pour comprendre les tenants et aboutissant d’une pratique qui fait nécessairement appel à des considérations subjectives.

En effet la réussite d’un coaching tient, en grande partie, à la relation existant entre le coaché et le coach, qui se construit dès les premiers contacts entre les protagonistes et s'enrichit jusqu'à l'établissement du dit contrat et au cours de l'accompagnement, s'il a lieu. Cette relation ne résulte pas du simple respect d’un protocole ou de l'application de règles de conduite. Si elle se fonde en partie sur des éléments objectivables et rationnels (la demande exprimée, la structure et les évolutions du système client, … ), elle se fonde aussi sur l'intuition et la confiance que peuvent avoir les acteurs. Ainsi, au cours des premiers instants, l'objectivation permet au professionnel de clarifier ses intentions, ses motivations, les bénéfices et risques liés à son engagement, de poser des hypothèses d'une première "stratégie" d'intervention.

Le coaché ne dispose, en général, que d'un référentiel faiblement diffusé quant aux éléments objectifs susceptibles de l'aider à forger le choix de son coach (type de formation, nature de la certification, expérience passées, supervision, … ). C'est à partir de ces éléments et de ce qu'il comprend du coach qui se présente à lui qu'il construira sa décision.

Facteur additionnel de complexité, cette relation engage parfois une tierce personne comme le prescripteur, le représentant de l'entreprise, de l'institution, de l'association, ce qui impacte la prise de décision de l'initiation d'un accompagnement, …. Quoi qu’il en soit, la pratique du coaching révèle l’extrême importance des impressions subjectives, de l’intuition, pour son appréhension et son déroulement. L’expérience montre combien les perceptions, les sentiments émergeant lors des premiers contacts et initiant une relation de coaching, comme ceux qui apparaîtront au cours d'un accompagnement, influent sur les positions respectives du coaché et du coach et combien elles conditionnent leur travail et la qualité de leur collaboration. Cette réalité qui ne peut que sauter aux yeux de tous les praticiens avérés ne fait pourtant l’objet d’aucun écrit cohérent dans la littérature et les écoles officielles. Elle n'est que très faiblement évoquée ….On peut même constater qu'elle est uniquement suggérée dans quelques manuels décrivant dans le détail la pratique du coaching.

Cela se vérifie plus encore lorsque l’on veut étudier les premières étapes, les phases de prises de contact. Elles sont presque systématiquement passées sous silence dans les ouvrages de référence. Or, l’initiation d’un coaching révèle le rôle majeur joué par la perception et l’intuition des acteurs de la démarche. C’est pourquoi il est essentiel d’en saisir l’importance.

Le besoin de prise en compte de la subjectivité dans la relation


Au départ, il y a une rencontre dans le but d'établir, ou non, une collaboration. Et cette rencontre permet à chaque acteur de disposer d’éléments suffisants pour sa décision et son engagement vis-à-vis de l'autre dans la durée.

Pour cela, le coach doit prêter attention à des éléments très objectivables comme l'entreprise, ses fonctionnements, les qualités et compétences du candidat au coaching, la nature de la demande et de la non-demande, … Mais quel poids ont réellement ces éléments dans la décision d'engagement du coach ? Il est aisé pour un praticien d’observer l’importance des impressions subjectives avant et pendant la première rencontre avec le coaché. Le coach se trouve dans l’obligation d’accorder une grande attention à tous les signes émis par le coaché, mais aussi à toutes les sensations qui peuvent le traverser, s’il veut préserver les possibilités d’initier le coaching dans les meilleures conditions.

Il en va de même pour le coaché, qui s'appuie naturellement sur sa perception du coach et de ses compétences. Il recueille et analyse les sensations subjectives qu'il éprouve avant et pendant la première rencontre.

Pour l'un comme pour l'autre, il s'agit de vaincre la défiance, surmonter les préjugés, respecter les sensibilités, de percevoir les affinités et différences émergeantes; et ces actions font partie du travail du coach au sens le plus fort et le plus noble du terme. Avant même que ne démarre la procédure, que ne s’établisse le contrat, il convient de s'assurer que des relations de confiance informelles s'établissent, qu'un climat favorable aux questionnements et aux échanges a été créé.

Pour réussir à mobiliser son attention sur les facteurs subjectifs qui conditionnent l'initiation réussie d’un coaching il faut pouvoir admettre deux réalités indissociables. D’une part, l’expérience du coach qui constitue un atout décisif pour mener à bien cette forme de démarche. D’autre part, la vanité de vouloir objectiver la totalité du processus de coaching, en particulier celui de son engagement, et de lui attribuer une rigueur quasi-scientifique.

Un atout pour l'atteinte des objectifs du coaché


Les premiers moments de contacts conditionnent le démarrage de l'accompagnement autant qu'ils préfigurent son déroulement. Et plus que les éléments objectifs, c'est bien l'ensemble des éléments subjectifs qui vont "accompagner" le coaching sur la durée. Leur bonne perception, leur analyse fine et leur compréhension deviendront pour le professionnel, s'il décide de les considérer, des leviers sur lesquels prendre appuis, des zones de vigilance dans son intervention et au final des atouts pour la réussite du coaching.

Il s’agit, au final, de rechercher un équilibre continuel entre l’irruption de la subjectivité et les exigences d’un processus nécessairement soumis à des règles et des normes. Tout l’art du coaching se tient dans l’alternance du formel et de l’informel, du ressenti et du descriptif, de l’observable et de l’intuitif, de l’éprouvé et du prospectif.

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